L’HISTOIRE DU HAGAKURE

bushi_016En 1716, au cœur de la période Genrokû, un vassal du clan Nabeshima, Yamamoto Tsunetomo, débuta une série de conversations avec un autre Samourai du nom de Tashiro Tsuramoto. Ce dernier entreprit alors de rédiger, par écrit, l’ensemble des conseils et des principes de conduite des guerriers du clan Nabeshima.

En 7 années, Tashiro Tsuramoto composa un ouvrage de 11 tomes où se trouvaient rassemblés environ 1.300 histoires et essais illustrant les qualités exemplaires que devaient posséder les samourais du clan Nabeshima. Mais sa particularité la plus remarquable était la définition, pour la première fois, du Bushidô comme une voie conduisant immanquablement à la mort, but ultime de tout guerrier. Ce principe restera illustré par la phrase célèbre « J’ai découvert que la voie du Samourai réside dans la mort ».

Pendant presque 150 ans, cet ouvrage restera la propriété exclusive du clan Nabeshima. C’est la restauration de Meiji qui le fit découvrir à l’ensemble de la nation Japonaise. D’abord rejeté par l’élite Meiji qui voyait en lui un frein à la modernisation du Japon, le hagakure fut, au contraire, encensé par la faction militariste qui gouverna le Japon jusqu’en 1945. Mais après la défaite, et malgré l’admiration que lui portait l’écrivain Mishima Yukio, le Hagakure devint presque totalement oublié dans le Japon actuel.

LES PRINCIPES DU HAGAKURE

samurai_003Les principes du Hagakure se distinguent nettement de ceux du Bushidô. Alors que ce dernier visait à bâtir l’éthique morale de la fonction Samouraï, le hagakure était une doctrine de formation personnelle du guerrier. Axé sur les efforts et le perfectionnement, ses principes pouvaient être appliqués dans la vie de tous les jours.

Le but le plus important du hagakure était de réexpliquer la mission première du Samouraï : accomplir sa mission sans se soucier de sa propre vie. Il devait ainsi se préparer le plus complètement possible afin d’accomplir son destin, et donc accepter sa propre mort pour atteindre son but. Les conseils du hagakure étaient donc centrés sur la préparation tant physique ( entraînement aux arts martiaux, résistance ) que morale ( stratégie militaire, contrôle de soi en toutes circonstances, formation ).

Au final, le hagakure reste un code assez strict de l’éthique personnelle du guerrier. Il met en avant le degré élevé d’auto-exigence, prônant l’effort et l’amélioration permanente du Samouraï. Mais il faut néanmoins retenir que ce texte était décalé par rapport à son époque, car il n’existait plus, en cette période de « Pax Tokugawa », de combats ou de causes importantes, pour lesquels donner sa vie.

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