L’HISTOIRE DES SOHEIS

sohei_003La constitution de grands temples bouddhistes à Nara vers 730 amène le recrutement de gardes armés (Soheis) pour défendre moines et bâtiments. Mais assez rapidement, les religieux vont utiliser cette force contre les temples concurrents, mais également pour faire pression sur la Cour et la noblesse afin d’asseoir leurs droits et leurs revendications. A l’ère Heian, les Soheis sont si nombreux qu’on en compte plus de 3.000 sur le mont Hiei. Leurs razzias sur la capitale sont si terribles que l’Empereur est obligé d’appeler au secours des Bushis de l’Est du Japon.

A l’époque de Kamakura, après la prise du pouvoir par les Bushis, les Soheis voient leur rôle fortement réduit, mais restent toujours une force redoutable. Le plus célèbre d’entre eux, Benkei, est même le compagnon de l’infortuné Minamoto Yoshitune, dont il partage le destin tragique.

L’ acte final des Sohei a lieu néanmoins durant la période d’unification du Japon. Après l’effondrement du pouvoir central des Ashikaga vers 1450, les religieux comme de nombreux Daimyos deviennent un pouvoir militaire indépendant. Avec les habitants de leurs domaines, il créent des sectes autonomes armées ( Ikkô Ikki ). Oda Nobunaga, dans sa politique d’unification du Japon, se heurte naturellement à ces sectes et engagera de longues et coûteuses guerres avant de les détruire totalement. Avec l’extinction de ces Ikkô Ikki, se termine le rôle militaire de la religion dans l’histoire du Japon et également la fin des Soheis.

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